Par un matin gris et pluvieux, notre guide Ruedi Kellerhals ainsi que Renate, Monika, Heidi, Veronika, Pio et moi prenons la route vers 8 heures en direction du Grand St-Bernard, très enthousiastes malgré une météo qui s’annonce plutôt maussade. Le passage du tunnel nous réserve pourtant une belle surprise : le ciel est bien moins gris et la neige beaucoup plus abondante en Italie que du côté suisse. Voilà qui est très bon signe pour la suite ! Nous commençons notre séjour par une petite mise en jambes jusqu’au Col Serena (2547m), dans une ambiance très hivernale troublée seulement par les bruits de moteurs provenant du circuit sur neige du fond de la vallée. Nous faisons nos premiers virages, parfois entravés par quelques mélèzes, dans une belle neige poudreuse avant de nous installer à l’hôtel des Alpes à St-Rhémy-en-Bosses et de profiter de son sauna et, évidemment, de l’apéro.
Un grand ciel bleu nous accueille au matin du deuxième jour et nous accompagnera tout au long d’une magnifique course jusqu’au Mont de Flassin. La montée, relativement longue avec ses 1400m de dénivelé positif mais plutôt douce, commence par une partie ombragée qui nous gèle les oreilles. Nous sommes donc contents d’arriver au soleil sur des grandes étendues de belle neige immaculée ; on sourit déjà en pensant à la descente. Nous arrivons sur l’arrête proche du sommet et notre effort est récompensé par une vue incroyable, notamment sur le Mont-Blanc. Nous distinguons aussi le sommet du Cervin par-delà les nuages, même si ce n’est, dit-on, pas son meilleur profil.
Au troisième jour, notre guide nous emmène en direction du Col du Grand St-Bernard. Après avoir longé une rivière et la galerie menant au tunnel, nous transpirons en montant dans un étroit couloir (rebaptisé sans ironie par Veronika « Couloir de la Mort » !) qui permet à chacun de sortir, au moins un peu, de sa zone de confort, pour certains à la montée, pour d’autres plus tard à la descente en bataillant avec une neige un peu plus lourde qu’espéré. Nous continuons à monter jusqu’au pied de l’impressionnante Tour des Fous où nous nous séparons en deux groupes : l’un part à la découverte de l’Hospice du Grand St-Bernard (2435m), fondé en l’an 1050 (pour mettre fin au brigandage dans les montagnes) alors que les autres poursuivent l’ascension avec notre guide en direction du Mont Fourchon. Le soleil qui transperce partiellement les nuages donne à cette journée une atmosphère feutrée et enveloppante. Pour nous remettre des émotions causées par la descente par l’effrayant couloir, nous faisons un saut à la charcuterie de St-Rhémy qui produit le célèbre jambon de Bosses et avalons un bon coup de Génépi (merci Veronika !).
Pour notre quatrième jour, par un beau soleil, nous commençons l’ascension en direction de la Pointe Valetta par une vallée très étroite, sur un chemin de randonnée remontant dans la forêt qui s’ouvre ensuite sur une magnifique forêt de mélèzes. Nous sommes étonnés de ne croiser que peu d’autres randonneurs sur cet itinéraire qui nous offre, une fois de plus, des conditions de neige exceptionnelles.
Déjà arrive le jour du retour dans le Seeland, mais pas sans une dernière course. Et quelle course ! Nous traversons le tunnel du Grand St-Bernard et nous nous parquons juste derrière. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée : de nombreuses voitures se trouvent déjà à cet endroit mais les possibilités offertes par le lieu et le choix de l’itinéraire par notre guide nous permettent de nous sentir étonnamment seuls. En montant, nous admirons le Grand Combin et le Mont Vélan puis, tout au long de la montée, tous les autres sommets qui apparaissent devant nos yeux les uns après les autres. La fin de l’ascension nous oblige à mettre en pratique nos plus belles conversions. Nous pouvons fêter tous ensemble l’arrivée au sommet des Monts Telliers (2951m) où une vue à 360° nous récompense pour notre effort et termine ce séjour en beauté !
Au final, ma première sortie avec la section du Seeland a été simplement fabuleuse. Beaucoup de bonne humeur et de rires, pas loin de 6000m de dénivelé positif quand même, une météo très favorable et un nombre incalculable de virages dans une neige poudreuse immaculée.
Un grand merci à tout le groupe pour l’accueil et ce séjour mémorable. Un merci tout particulier évidemment à Ruedi pour l’organisation et la conduite du groupe sur ces itinéraires magiques !
Fabienne

